Edito (octobre 2026)
| Construire des ponts, c’est mieux que bâtir des barrages Pour cette lettre d’info de cette fin octobre, nous vous proposons de retrouver les actions et événements du CRMTL proposés en cette fin d’année 2026. En les listant, en les regardant, nous nous sommes aperçus que, plus que jamais, ils traduisent la volonté qui est la nôtre de bâtir des liens, d’aller à la rencontre des autres, de sortir des endroits où l’on cherche parfois à nous enfermer, à nous assigner. Si nous avons toujours défendu la spécificité des musiques et danses traditionnelles dans toutes leurs composantes, nous affirmons haut et fort que ces musiques et ces danses ont à dire aux autres musiques, aux autres champs artistiques et culturels. Partie intégrante des musiques actuelles dans lesquelles elle a été classée au début des années 1990, notre esthétique parle aux autres musiques et danses : au monde des musiques anciennes et baroques, à celui des musiques contemporaines, expérimentales, bruitistes, aux musiques amplifiées et électroniques, à la danse contemporaine, aux musiques improvisées comme aux musiques dites de répertoire et de création. Si vous regardez bien les actions et événements de cette fin d’année, nous allons de Guillaume d’Aquitaine (1071-1126), avec la création de La Tierce programmée par l’Opéra de Limoges à DJ Startup et MC Ker·6 accueillis dans le festival Ô Les Chœurs. Du répertoire si singulier du violoneux Urbain Trincal, de Saugues (Haute-Loire), analysé par Jean-Marc Delaunay dans son nouvel article, aux solos au violon de Lucile Marsac et Romain Wilton Maurel dans le festival Les sons migratoires en Haut-Limousin. Des passe-pieds de Philidor l’Aîné joués par Garenne dans la nouvelle édition du festival L’éveil de l’automne à Évaux-les-Bains à Cocanha en bal pour le BeFaure 2026 à Tulle. De la nouvelle formule des ateliers de violon du CRMTL animés cette année respectivement par Alexandre Séli, Emma Cousteix et Jean-François Vrod à Habia en concert au Sans-Réserve à Périgueux dans le cadre des journées professionnelles 2026 du Garage Résidence. S’il fallait résumer cette nécessité et cette urgence à toujours bâtir des ponts, reprenons ce que raconte Jean-François Vrod, dans le livre Les Musiques du Massif Central et dans notre webdocumentaire Le violon populaire en Massif Central, à propos du même Urbain Trincal : « Trincal, on arrive chez lui, un jour avec Patrick (Mona) : il avait une petite radio ; et il est chez lui ; et il écoute cette radio à très faible niveau, et il a le poste collé à son oreille. Il nous fait signe de nous asseoir et de ne pas faire de bruit. Et donc on passe un long moment à le regarder écouter sa radio, ça a l’air extrêmement important ce qu’il écoute… et à un moment donné, il ne monte pas le volume, il nous tend la radio. Nous collons notre oreille au poste, et c’est un concert retransmis sur France Musique, c’est Michel Portal dans sa période la plus free, la plus déjantée ! Les bras nous en tombent, et il nous dit : « C’est formidable ! » » C’est là l’une des plus belles façons de rappeler qu’il nous faut bâtir des ponts, encore et encore. Même s’il faudra aussi faire barrage le moment venu… Ricet Gallet pour l’équipe bénévole et salariée du CRMTL |









